Le protocole anti-chute le mieux formulé du marché
Minoxidil oral (VDPHL01) et sublingual : nouveau traitement contre la calvitie ? Études, résultats et sécurité
DOSSIER ACTUALITÉ – Le minoxidil est déjà l’un des traitements les plus connus contre la chute de cheveux… mais une nouvelle vague d’innovations arrive : minoxidil “oral nouvelle génération” (VDPHL01) et minoxidil sublingual (à laisser fondre sous la langue).
Objectif annoncé : garder les bénéfices et l'efficacité reconnue du minoxidil tout en améliorant la régularité d’action et, potentiellement, la tolérance. Mais que valent réellement ces développements et où en sont les développements en cours ?
Sommaire
1. Pourquoi “réinventer” le minoxidil ?
2. Comment agit le minoxidil (version simple) ?
3. VDPHL01 : le minoxidil oral “extended-release” (à libération prolongée)
4. Ce que montrent (vraiment) les données sur VDPHL01
5. Minoxidil sublingual : pourquoi cette voie intéresse
6. Les études : ce qu’on sait déjà + ce qui est en cours
7. Sécurité : le point non-négociable
8. Comparatif rapide (topique vs oral vs sublingual vs VDPHL01)
9. À retenir
10. Sources
1. Pourquoi “réinventer” le minoxidil ?
Le minoxidil a été initialement développé comme médicament cardiovasculaire. Son “effet secondaire” le plus célèbre : stimuler la pousse des poils. C’est ce qui a conduit à l’utilisation du minoxidil en dermatologie, surtout sous forme topique (mousse/lotion).
Depuis quelques années, on voit monter l’intérêt pour le minoxidil oral à faible dose (souvent prescrit “off-label” dans certains pays). Pourquoi ? Parce qu’il peut être plus simple à utiliser qu’une application quotidienne sur le cuir chevelu, ce qui améliore parfois la constance.
Mais l’oral “classique” a une limite : il agit dans tout le corps, pas uniquement sur le cuir chevelu. Et selon la dose et le profil patient, certains effets indésirables peuvent apparaître (nous y revenons plus bas).
2. Comment agit le minoxidil ?
Sans jargon : le minoxidil aide certains follicules à rester plus longtemps en phase de croissance (phase anagène), et peut contribuer à améliorer progressivement la densité et l’épaisseur des cheveux existants.
Sur le plan biologique, plusieurs mécanismes sont en action, notamment :
- une action via les canaux potassiques (souvent présentée comme un “signal” qui favorise l’activité du follicule),
- des effets indirects sur des voies liées à la croissance (souvent résumées comme des “signaux pro-croissance”).
Important : le minoxidil ne “crée” pas des follicules là où ils n’existent plus. Il agit surtout sur des follicules encore présents (même miniaturisés).
3. VDPHL01 : le minoxidil oral “extended-release” (à libération prolongée)
VDPHL01 est un candidat médicament développé comme une version à libération prolongée de minoxidil oral. L’idée (vulgarisée) : au lieu d’avoir un “pic” de concentration puis une chute, la formulation cherche à délivrer le minoxidil de manière plus régulière dans le temps.
Pourquoi c’est important ? Parce qu’un profil plus stable pourrait :
- donner une exposition plus constante au niveau des follicules,
- et potentiellement éviter certains pics associés à des effets indésirables chez certaines personnes.
À ce stade, il s’agit d’un programme de développement clinique encore en cours.
4. Ce que montrent (vraiment) les données sur VDPHL01
Données préliminaires (Phase 2)
Veradermics, le laboratoire qui développe VDPHL01, a communiqué des résultats préliminaires sur un petit groupe d’hommes (Phase 2) :
- 21 hommes ayant reçu VDPHL01 8,5 mg deux fois par jour pendant 4 mois,
- augmentation moyenne rapportée de +47,3 cheveux “non-vellus” / cm² à 4 mois,
- et dès 2 mois : +37,5 cheveux non-vellus / cm²,
- 90,5% des participants auraient déclaré une couverture “améliorée” ou “beaucoup améliorée” à 4 mois,
- 95% auraient rapporté une satisfaction accrue.
Point clé de lecture : ces chiffres sont encourageants, mais ils proviennent pour l’instant d’une communication de l’entreprise (pas d’article complet évalué par des pairs publié publiquement à ce stade). Cela ne veut pas dire “faux” – cela veut dire : à confirmer par des résultats complets, comparatifs et idéalement publiés.
Le gros enjeu : les essais randomisés
La même société a annoncé un essai randomisé, en double aveugle, contrôlé placebo chez 519 hommes, sur 52 semaines, testant deux schémas (8,5 mg 1 fois/jour vs 2 fois/jour).
En clair : on passe d’un “signal” préliminaire à un protocole plus robuste, conçu pour produire des données de niveau réglementaire.
5. Minoxidil sublingual : pourquoi cette voie intéresse
Le minoxidil sublingual consiste à prendre une petite dose sous forme de comprimé qui se dissout sous la langue.
L’intérêt théorique (très simplifié) :
- modifier le profil d’absorption par rapport à une prise orale “classique”,
- proposer une forme plus pratique que le topique,
- et tester si cela peut offrir un compromis efficacité/tolérance plus intéressant.
Important : sublingual = toujours un traitement systémique (il ne reste pas “local” au cuir chevelu). La question centrale reste donc : efficacité mesurable + tolérance.
6. Les études : ce qu’on sait déjà + ce qui est en cours
Une étude publiée (signal scientifique intéressant)
Une étude publiée dans Clinical and Experimental Dermatology s’est intéressée à un marqueur très parlant : le diamètre de la fibre. Pourquoi ? Parce que dans l’alopécie androgénétique, le follicule a tendance à produire des cheveux de plus en plus fins (miniaturisation).
Résultats à 24 semaines :
- Placebo : –2 µm (baisse moyenne du diamètre),
- Sublingual minoxidil (SLM) : effet dose-dépendant :
- 0,45 mg : pas d’amélioration significative,
- 1,35 mg : +3 µm,
- 4,05 mg : +6 µm.
Traduction grand public : chez certains participants et à certaines doses, le cheveu devient plus épais, ce qui va dans le sens d’une miniaturisation moins marquée.
Un essai de Phase 3 (enregistré) : le “test grandeur nature”
Un essai de Phase 3 (NCT06924632) décrit une étude randomisée, double aveugle, contrôlée placebo, testant 2,5 mg de minoxidil sublingual deux fois par jour.
Objectif principal : mesurer la variation du nombre de cheveux non-vellus dans une zone cible au vertex sur 24 semaines (avec suivi de sécurité).
Samson Clinical a communiqué avoir finalisé le recrutement et annoncé des résultats attendus mi-2026 (communication entreprise).
7. Sécurité : le point non-négociable
Parce que l’oral et le sublingual sont systémiques, le sujet sécurité doit rester central.
Des publications et consensus d’experts en dermatologie décrivent le minoxidil oral faible dose comme de plus en plus utilisé “off-label”, avec des recommandations de prudence (profil patient, contre-indications, suivi). Les effets indésirables rapportés dans la littérature incluent notamment :
- hypertrichose (pilosité indésirable) – effet dose-dépendant,
- œdèmes (gonflement),
- parfois palpitations/tachycardie,
- et plus rarement des complications sérieuses (surtout chez profils à risque).
Bon réflexe : ne jamais s’auto-prescrire. Ces approches doivent être discutées avec un professionnel de santé, surtout en cas d’antécédents cardio-vasculaires, rénaux ou de traitement concomitant.
8. Comparatif rapide
| Option | Ce que c’est | Ce que la science mesure | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Minoxidil topique | Application locale (mousse/lotion) | Densité, diamètre, perception (selon études) | Irritation, constance d’application |
| Minoxidil oral “classique” (faible dose) | Prescription off-label dans certains pays | Études variables + consensus d’experts | Systémique : effets indésirables possibles |
| VDPHL01 | Minoxidil oral à libération prolongée (développement) | Phase 2 préliminaire + essais RCT (519 hommes/52 sem.) | Données complètes encore attendues |
| Minoxidil sublingual | Comprimé à dissoudre sous la langue | Étude publiée (diamètre) + Phase 3 enregistrée | Systémique : tolérance à confirmer à grande échelle |
9. À retenir
- VDPHL01 vise à “stabiliser” l’exposition du minoxidil (libération prolongée) et avance vers des essais robustes.
- Les données préliminaires VDPHL01 rapportent +47,3 cheveux non-vellus/cm² à 4 mois (petit groupe, données sponsor).
- Le minoxidil sublingual a déjà un signal publié : à certaines doses, il peut augmenter l’épaisseur du cheveu (effet dose-dépendant).
- Une Phase 3 sublinguale est enregistrée et vise un critère très concret : le nombre de cheveux non-vellus à 24 semaines.
- Ces approches restent systémiques : efficacité = important, mais sécurité et suivi restent prioritaires.
10. Sources
- Veradermics – Présentation VDPHL01 (pipeline + données préliminaires)
- Veradermics – Communiqué (Phase 2/3, 519 hommes, 52 semaines)
- Clinical and Experimental Dermatology (OUP) – Sublingual minoxidil & diamètre de fibre
- JAMA Dermatology (2025) – Consensus Delphi sur le minoxidil oral faible dose
- Samson Clinical – Communiqué enrolment Phase III
- Registre essai clinique – NCT06924632 (Minoxidil sublingual 2,5 mg BID)
Bon réflexe : en cas de chute rapide, étendue ou inhabituelle, ou avant tout traitement systémique, demandez l’avis d’un professionnel de santé.